Co-fondateur de l’agence et concept-store Le Dixième et conseiller en marketing, Vu Quan écrit régulièrement sur les blogs « Hit Bag » ainsi que « Le Boulevardier », un blog à quatre mains qui « explore les quotidiens de jeunes mâles en slow-motion » où il traite avec ses deux acolytes de tendances, de mode et d’actualité, toujours avec une pointe d’humour et un ton affuté.
Pour Videdressing, Vu Quan a accepté d’ouvrir les portes de son dressing et de nous en dire plus sur ses nouvelles résolutions.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer votre concept-store, Le Dixième ?J’ai toujours pensé que la mode était une culture singulière, en écho aux autres domaines majeurs contemporains : musique et cinéma, notamment. J’ai donc eu envie de créer un lieu où l’on pourrait souffler des références culturelles entre deux silhouettes de gens modernes. La mode aussi navigue entre entertainment et « travaux d’auteurs », finalement…
Comment choisissez-vous les designers et artistes y figurant ?Il y a des incontournables introuvables (à Lyon) qu’il fallait absolument imposer. Mais aussi des coups de cœur imprévus. L’idée au final est d’assortir des influences complémentaires, qu’elles soient géographiques (français, scandinaves, anglo-saxons…) ou stylistiques (casual, preppy, dandy…)
Comment est-née votre passion pour la mode ?Comme tout jeune dandy, il s’agissait d’abord de me mettre en scène, entre originalité et réserve. Beaucoup de recherches intuitives sur ma silhouette m’ont finalement mené à m’intéresser plutôt aux styles des autres qu’au mien.
Que pensez-vous du rapport qu’entretiennent les hommes avec la mode ?C’est un rapport nouveau qui s’installe : les hommes sont de plus en plus décomplexés dans leur rapport au vêtement et au look. Ils en viennent d’ailleurs vite à une introspection stylistique. L’homme se fait vite happer par le haut de gamme, car il a une vision très comparative de ses achats. Une compétition s’installe dans son vestiaire. C’est pourquoi il y a peu de pièces, mais elles doivent être performantes sur de nombreux paramètres. J’insiste tout de même auprès des clients du Dixième pour qu’ils laissent parler l’instinct et le feeling naturel.
Quelle shoppeur de Noël êtes-vous : achetez-vous vos cadeaux à l’avance ou en dernière minute ?L’année dernière, je m’y étais pris très tard. Mais cette année, les circonstances m’ont permis de faire un tour beaucoup plus tôt, dès le début du mois de décembre. Il est évident que c’est beaucoup plus confortable à ce moment-là, la frénésie de dernière minute est excitante mais l’esprit de Noël, c’est aussi d’avoir le temps de prendre le temps, et d’en profiter.
Quel est le meilleur/pire cadeau de Noël que vous avez reçu ?Très très honnêtement je pense être trop gâté pour pouvoir faire la distinction d’un meilleur ou d’un pire cadeau. Ou alors… Pas assez (gâté), allez savoir. Ceci étant, bien que mon métier consiste à avoir un vestiaire complet et presque parfait, dans ma famille, certains tentent encore de m’offrir des vêtements. Allez comprendre.
Quelles sont vos résolutions mode pour l’année 2013 ?Mieux ranger mon dressing, retrouver une pièce d’exception qui éclipse tout le reste. En termes de style, je n’ai jamais vraiment dévié d’une conduite originale mais stricte. Depuis quelques temps, (je respecte de plus en plus la règle stylistique suivante, et je m’y tiendrai en 2013 : « tu es asiatique, tu as tous les droits ».
Quelle est la pièce favorite de votre dressing, celle dont vous ne vous séparerez jamais ? Ce qui ne m’a pas quitté quotidiennement depuis presque 3 ans, c’est mon porte-cartes/housse de téléphone. Je le vois comme le pivot de tous mes looks. Un accessoire peut être une véritable signature de mode au même titre qu’un vêtement. C’est une pochette en feutre et cuir fabriquée en Italie par un jeune label de maroquinerie autrichien désormais installé près de chez Laurent (l’autre Boulevardier), à Shoreditch, London.
Vous ne sortez jamais sans…?Ma montre. D’ailleurs c’est fâcheux, j’ai perdu ma dernière montre il y a quelques semaines d’une manière inexplicable. Elle n’a pas dû aller bien loin mais elle est introuvable chez moi. J’en fais donc petit à petit mon deuil, c’était une montre vintage : Eternamatic, un mouvement suisse automatique à billes, très sobre, cadran clair sans complication sur un boîtier doré et bracelet de cuir bleu.
Avez-vous déjà commis un gros fashion faux pas ? Racontez-nous !J’ai beaucoup expérimenté dans mes jeunes années de modeux, il m’est donc arrivé fût une époque de superposer deux polos aux couleurs criardes. Heureusement, cela s’est passé loin, à l’étranger, essentiellement. Personne autour de moi ne s’en rappelle… Normalement.
Avez-vous une adresse mode secrète à nous confier, à Paris, Lyon ou ailleurs ?J’ai découvert cette année un nouveau multimarque de luxe qui a ouvert à Ho Chi Minh, au Vietnam. Ils sont les premiers à faire découvrir à ce pays des références comme Jil Sander, YSL, Chloé, mais aussi de jeunes lignes européennes comme Tara Jarmon. Le tout dans une surface à couper le souffle, que beaucoup de concept-stores occidentaux pourraient envier. Elle s’appelle Runway. Déclaration publique : Runway m’embauchent quand ils veulent.
Un mot de fin sur votre collaboration avec Videdressing ?Dévoilant rarement mon vestiaire sur Le Boulevardier, il était peut-être temps pour moi d’arrêter de me cacher et d’assumer mes looks persos comme un vrai blogueur mode. Merci donc à Videdressing de me donner l’occasion de partager ces tenues que finalement seuls les clients du Dixième ont l’habitude de voir. Je me suis toujours demandé ce que je ferai des vêtements que je ne portais plus. Je renouvelle lentement mon vestiaire, mais sûrement. Pourquoi ne pas en léguer bientôt aux shoppeurs avertis de VD !